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Bouddhisme et politique

Dans l’un des Jataka sutra et dans certains passages du saddharma pundarika sutra, le Bouddha expliqua que bien avant de devenir le Bouddha il avait été roi. Mais déjà il pratiquait les six paramitas. Il était particulièrement généreux, au point d’être prêt à se sacrifier lui-même ou à sacrifier son trône pour devenir un esclave, si cela pouvait protéger son peuple. Il était devenu roi, mais il n’avait point pour objectif de s’enrichir.

Maitreya Bodhisatva, dans le Yogacarabhumi sastra, précisa que les grands bodhisattvas, pour s’exercer à la générosité auprès des êtres sensibles, disposent de six moyens. Le second de ces moyens consiste à se faire roi afin de gouverner le peuple. En cette qualité, le bodhisattva doit veiller à ne pas accroître la souffrance des populations, à ne pas les priver de tout ce qui leur permet de se nourrir, à les éduquer de façon juste, à donner au pays autant d’autonomie que possible. Il doit s’assurer également que son pays ne se livre à aucune violence ni à aucune guerre et considérer le peuple comme s’il s’agissait de son propre fils. Le bodhisattva doit encore être envers le peuple d’une irréprochable honnêteté et tenir immanquablement parole. L’une de ses tâches également consiste à bannir toute forme de cruauté envers même le plus petit des citoyens.

Un bodhisattva a pu être parfois un grand roi, ou bien être un ministre, ou un général. Il s’interrogerait pour déterminer si, jouant l’un de ces rôles, il devait s’enrichir ou bien cultiver la générosité et en faire profiter ainsi le peuple. La plupart du temps, après qu’une personne a accédé à un pouvoir, elle se figure avoir plus d’importance que les autres et être donc en droit de s’approprier les richesses, en sorte qu’au lieu d’accroître son bon karma par l’exercice de la largesse, elle travaille à développer son mauvais karma.

Le bouddhisme n’est pas regardant sur les bénéfices acquis lors de la vie actuelle, mais se préoccupe plutôt de ceux dont pourront jouir tous les êtres sensibles. Deux questions seulement se posent aux pratiquants : de quelle manière puis-je pratiquer au mieux la générosité auprès de tous les êtres sensibles ? Comment aider chaque être sensible à devenir un bouddha ? En agissant de la sorte, ils cumulent de nombreux mérites, même s’ils sont issus d’une famille pauvre, et très vite ils gagnent en popularité.

En outre, il leur faut bien comprendre que nous sommes tous égaux, dans la mesure où nous possédons tous un vrai moi identique et que nous sommes tous capables d’atteindre la bouddhéité. Les bodhisattvas sont prêts à se sacrifier pour éviter une guerre.

Lors de la dynastie Tang, un maître du nom de Yi Feng découvrit une troupe de soldats affairée à massacrer des bandits. Il tenta d’abord, sans succès, d’interrompre le combat. Yi Feng se demanda alors ce qu’il pouvait bien entreprendre pour mettre un terme à cette situation. Il prit l’initiative de passer entre les deux camps en lévitant, et sous l’effet de surprise qu’il provoqua, il parvint à couper court aux élans belliqueux des combattants. C’est ainsi qu’il parvint à mettre fin à cette guerre. Yi Feng savait naturellement que les gens viendraient le voir pour l’interroger. Peu de temps après, il décida de se donner la mort.

Les personnes dont nous sommes très proches peuvent tout à fait renaître, dans une vie future, dans un pays concurrent du nôtre, si bien que, si nous nous livrons à la guerre, nous assassinons peut-être notre propre descendance. Peut-être encore mangeons-nous nos propres parents. Le bouddhisme insiste sur la nécessité de considérer chacun à l’égal de tous les autres. Le but du pratiquant bouddhiste n’est pas la quête d’un quelconque intérêt personnel, mais celui au contraire de semer autant de graines positives qu’il est possible pour qu’un maximum de personnes en puissent bénéficier.

Merci de nous avoir écoutés.

Amitofo.

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