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La durée de l’enseignement du Bouddha

(Agama Sutra)

Un jour Mahakasyapa alla voir le Bouddha Shakyamuni. Il le salua et lui posa la question suivante :

« Vénérable maitre, lorsque, au début de ton enseignement, tu as donné quelques préceptes seulement, les moines ont su pratiquer sereinement. Par contre, quand tu as introduit plus de préceptes, les moines ont eu du mal à écouter l’enseignement parce qu’ils étaient tourmentés par l’envie de les violer. Pourquoi ? »

Alors le Bouddha répondit :

« En effet, les êtres sensibles ont cinq souillures. La première souillure est l’attachement à notre propre corps[1].

La deuxième est l’attachement à ce qui constitue l’identité de l’être sensible[2]. La troisième est l’attachement aux objets de conscience, qui crée des soucis[3]. La quatrième est l’attachement aux concepts[4]. La cinquième est qu’on ne voit pas la cause des catastrophes naturelles[5].

A cause de toutes ces souillures, l’être sensible a moins envie de pratiquer. Pour cette raison les grands maitres sont obligés de fixer des règles afin d’éviter les dérives et de garder les gens sur le bon chemin.

Kasyapa, écoute-moi, c’est ainsi que le vrai enseignement disparaitra peu à peu. Les gens commenceront à s’attacher à l’image du Bouddha au lieu de suivre son enseignement. Ensuite, ils s’attacheront à l’image du Bouddha comme à n’importe quelle autre chose de la vie quotidienne, c’est-à-dire qu’ils ne lui voueront plus aucun respect particulier. A la fin, ils ne s’intéresseront même plus à l’image du Bouddha, et ce sera la fin de son enseignement. »

Le Bouddha continua :

« Imagine un bateau qui transporte beaucoup de trésors, des trésors si lourds qu’ils le feront vite couler. Le vrai enseignement du Bouddha ne coulera pas ainsi : il disparaitra petit à petit. Ceux qui n’adhèrent pas au bouddhisme seront incapables de trouver des erreurs dans l’enseignement du Bouddha et ils ne pourront jamais le détruire. Par contre, si quelqu’un qui prétend être moine bouddhiste remplace le vrai sens des paroles du Bouddha par des idées non bouddhistes, alors l’enseignement du Bouddha s’effacera progressivement. La plupart des êtres sensibles ne comprennent pas du tout le vrai enseignement et le Bouddha fut obligé de fixer les préceptes pour montrer aux pratiquants le chemin à suivre. Si jamais quelqu’un rejette les préceptes, il est clair qu’il n’est pas un vrai pratiquant. »

Pour reprendre ce qui est expliqué dans ces quelques mots, nous pouvons dire qu’il existe beaucoup de pratiquants bouddhistes qui prétendent être moines mais qui, en réalité, ne respectent pas les préceptes. D’ailleurs, ce qu’ils enseignent n’est souvent que de l’hindouisme camouflé derrière du vocabulaire bouddhiste. Si votre maitre ne respecte pas les préceptes, il est mieux de vous en séparer au plus vite sans tenir compte de sa célébrité éventuelle. Faites aussi très attention de ne pas tomber sur des gens qui abuseront de vous sexuellement, comme cela peut arriver dans certaines sectes.

[1] On croit que notre corps est notre vrai moi et on s’attache à ses fonctionnalités.

[2] Par exemple, le sentiment d’appartenir à une nationalité, à une religion.

[3] Par exemple, le fait de s’attacher à une certaine nourriture et d’être mécontent si le plat ne correspond pas à notre goût, ou le fait de s’énerver si on doit écouter de la musique que l’on n’aime pas, etc…

[4] Par exemple, lorsqu’on s’attache aux visions erronées et qu’on n’arrive pas à raisonner correctement.

[5] Par exemple, des pandémies, des tremblements de terre, etc.

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