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La réalisation dans le bouddhisme

L’étude du bouddhisme n’est pas la réalisation du bouddhisme.
L’enseignement du bouddhisme n’est pas la vraie pratique du bouddhisme.
Dans le précédent article nous avons introduit la question des trois véhicules et des relations entre eux.
Nous avons également dit que le but de la pratique et de l’étude du bouddhisme est la connaissance authentique [1] des huit vijnanas.

Cette connaissance des huit vijnanas couvre la totalité de ce qui définit le bouddhisme. L’approche que nous avons adoptée s’appelle la méthode de réalisation. Qu’est-ce que cela veut dire? Simplement qu’il s’agit de connaître les huit vijnanas.

En fait, cette méthode de réalisation peut être appliquée dans la vie de tous les jours. Par exemple, il existe un fruit qui s’appelle le jamalac, connu également sous le nom de « perle noire » à Taïwan. Son goût très sucré l’a rendu extrêmement populaire là-bas. Si quelqu’un se demandait à quel point ce fruit est sucré, le plus simple serait encore pour lui de se rendre au marché et d’en acheter un pour le goûter directement. Après en avoir mangé un morceau, la personne sera fixée. C’est exactement ce qu’on appelle la méthode de réalisation.

De la même manière, s’il s’agit de faire l’expérience directement des huit vijnanas. En réalité, il existe des méthodes afin de les trouver. Tout d’abord nous devons croire qu’il en existe bien huit vijnanas et que nous pouvons les connaître. Par conséquent, nous avons besoin de prendre refuge en Bouddha, Dharma et Sangha, d’utiliser les formules appropriées et d’avoir des mérites et des vertus, de la sagesse et un bon niveau de concentration. Le fait d’avoir ces conditions réunies est comme avoir de l’argent pour s’acheter de la perle noire afin de réaliser à quel point son goût est sucré. Partant, il serait irrationnel de nier l’existence de la perle noire pour la seule raison qu’on n’a pas d’argent pour s’en acheter.

Parmi les huit vijnanas, la huitième vijnana – tathagatagarbha – est exactement chez chacun de nous comme une perle : elle est très précieuse. Avant de la réaliser, nous devons nous cultiver des mérites et des vertus, de la sagesse et un bon niveau de concentration. Une fois que nous aurons les conditions karmiques nécessaires, nous serons en mesure d’accéder à l’illumination. Par exemple, nous ne devons pas apprendre avec des gens stupides qui ne croient pas en l’existence des germes, simplement parce qu’ils ne peuvent pas les voir. Pour voir les germes, nous avons besoin d’un microscope. Pour observer les étoiles ou les constellations éloignées nous utilisons un télescope. En conséquence, nous ne pouvons pas nier l’existence des germes ou des étoiles pour la seule raison que nous n’avons pas de microscope ou de télescope afin de prouver leur existence. Autrement dit, nous devons être équipés de certains outils afin de connaître la vraie réalité du monde de dharma. Ceci nous aidera à prouver la réalité du monde de dharma. Par conséquent, afin de comprendre le bouddhisme, nous devons utiliser les méthodes correctes. Cette approche est nommée la méthode empirique.

Quelqu’un pourrait demander : « pourquoi le bouddhisme met-il autant l’accent sur la discrimination et l’authentification? Pourquoi l’association des pratiquants de la vraie illumination accorde-t-elle autant d’importance à la discrimination et l’authentification? Il semblerait qu’ils aient tendance à distinguer le vrai du faux dans le dharma. Ils s’opposent sévèrement à d’autres groupes. Pourquoi ne peuvent-ils pas s’entendre avec les autres groupes d’une manière pacifique et harmonieuse? » En fait, les personnes qui ont cette opinion et se posent cette question, ont mal compris la connaissance du bouddhisme. C’est, en fait, comme avoir un enfant. Lorsque nous envoyons notre enfant à l’école, nous sommes inquiets à l’idée qu’il puisse se faire de mauvais amis et apprendre quelque chose de mal. Puisque nous sommes ignorants de ce qu’est la vie, nous sommes censés l’étudier. Si nous ne sommes pas disposés à étudier et à comprendre la sagesse et la connaissance de la vie ou si nos connaissances à son sujet sont fausses et ne correspondent pas à la réalité, comment pouvons-nous obtenir la libération?

Si une personne veut se libérer des trois mondes et atteindre la bouddhéité, ce qu’elle a appris doit correspondre à la réalité du monde de dharma. Elle doit acquérir une connaissance et une sagesse profondes. Sinon, comment peut-elle obtenir la libération et après atteindre la bouddhéité?

Dans le Ekottaragama sutra le Bouddha a dit qu’il existe six dharma qu’il accomplit sans fatigue et sans être jamais satisfait. Parmi eux, le cinquième dharma qu’il accomplit sans fatigue et sans être jamais satisfait, consiste à protéger les êtres sensibles. Autrement dit, le Bouddha ne se sent jamais fatigué et n’est jamais satisfait de cette tâche dont le but est d’aider les êtres sensibles dans le cycle de la réincarnation. Le sixième dharma qui ne fatigue jamais le Bouddha et dont il n’est jamais satisfait est de poursuivre la sagesse inégalable et ultime. Autrement dit, le Bouddha ne se sent jamais fatigué et n’est jamais satisfait de sa tâche consistant à mettre en pratique la connaissance et la sagesse à propos de tous les mondes du dharma.

Telle personne peut avoir une opinion et une autre personne détenir une opinion opposée au sujet de la même chose. Leurs points de vue sont complètement opposés et en contradiction l’un avec l’autre. Par exemple, en ce qui concerne la question controversée de l’existence de la huitième vijnana, le Bouddha se doit d’être très clair à ce sujet. Si on lui demandait si quelque chose existe ou non et qu’il dise qu’il accepte toutes les opinions, cela signifierait qu’en fait le Bouddha ne connaît toujours pas la réponse à cette question. Et s’il était toujours ignorant, il lui serait impossible d’atteindre la bouddhéité. Le Bouddha n’est donc jamais fatigué ou satisfait de poursuivre dans la voie inégalable et ultime de sa sagesse.

Autrement dit, le Bouddha Sakyamuni a pu atteindre bouddhéité car il n’accepte pas les fausses idées (les opinions erronées). S’il pouvait tolérer les fausses idées cela reviendrait à dire qu’il a lui-même toujours de fausses idées et qu’il est prêt à accepter l’ignorance, ce qui le rendrait bien incapable d’accéder à la bouddhéité. En fait, l’un des noms de bouddha est « l’omniscience totale », ce qui veut dire qu’un bouddha comprend la totalité de ce qui existe dans tous les mondes de dharma. Et s’il n’était pas très sûr de quelque chose, il lui serait impossible d’atteindre la bouddhéité. Si le Bouddha Sakyamuni a pu atteindre la bouddhéité, c’était grâce au fait qu’il n’a jamais accepté aucune fausse idée. Étant indisposé à tolérer les fausses idées, le Bouddha Sakyamuni a finalement atteint la bouddhéité. Basé sur cela, le Bouddha espère que tous les êtres sensibles pourront atteindre la bouddhéité, si bien qu’il aide les êtres à s’écarter des fausses idées. Il les sauve ainsi de la transmigration en leur évitant les mauvais chemins et en leur enseignant le véhicule humain, le véhicule céleste, le véhicule sravaka, et le véhicule pratyeka bouddha, pour arriver finalement sur le chemin de la bouddhéité. Par conséquent, avant d’atteindre la bouddhéité on doit acquérir la connaissance juste et universelle à propos de la réalité du monde de dharma. Et si on a encore la moindre fausse idée, il nous sera impossible d’atteindre la bouddhéité. C’est de cette manière que le Bouddha sauve et protège les êtres sensibles.

Certains peuvent dire que le vénérable Xiao Pingshi n’a pas de professeur et donc se demander s’il est réellement illuminé. Cette question a été déjà largement débattue. Voyons : qu’est-ce qui nous prouve que le Bouddha Sakyamuni a atteint la bouddhéité? Car en vérité, ces deux questions n’en sont qu’une seule. Qu’est-ce qui, concrètement, permet d’affirmer que le vénérable Xiao Pingshi est illuminé et qu’il a vu la nature de bouddha? La réponse se trouve dans la réalité du monde du dharma, car elle confirme l’illumination de maître Xiao. Existe-t-il huit vijnanas dans le monde de dharma? S’il y en a huit, trouvez-les! Autrement dit, la réalité du monde de dharma peut aider à prouver notre réalisation. De même, après que le Bouddha Sakyamuni a atteint la bouddhéité, il y a 2500 ans, les non-bouddhistes l’ont interrogé en lui demandant comment il pouvait dire qu’il était devenu bouddha.

Dans le Brahmājala Sutta de l’Agama Sutra, il est écrit que dans l’Inde ancienne il existait des moines et des brahmanes qui pratiquaient les quatre dhyana et les huit samadhi et qui, progressivement, développaient les cinq pouvoirs surnaturels. Ils pouvaient voir leurs vies précédentes, et ce, aussi loin que d’innombrables éons plus tôt, au cours desquels ils naissaient et mourraient avec de nombreux êtres sensibles. Du coup, ces pratiquants monastiques se sont fait une fausse idée en croyant que la sixième vijnana pourrait être liée aux vies passées, et en voyant que le corps physique existait tout le temps, ils se sont imaginés que la sixième vijnana et le corps physique étaient tous deux éternels. Il est vrai qu’ils pouvaient voir ce qui s’était passé pendant d’innombrables éons. Comment, cependant, le Bouddha Sakyamuni, après avoir atteint la bouddhéité, a-t-il fait pour réfuter leur conception erronée que la sixième vijnana et le corps physique sont éternels? Pour démentir cette fausse conception, il a aidé ceux qui appartenaient à des écoles non bouddhistes à éliminer leurs fausses idées à propos du moi, à la suite de quoi ils sont devenus des arhats. Comme ils avaient déjà pratiqué les quatre dhyana et les huit samadhi, ils ont pu devenir des arhats, juste après avoir éliminé leurs fausses idées à propos du moi. Après qu’ils sont devenus des arhats, le Bouddha leur a donné la première promesse en leur assurant qu’ils n’allaient pas réapparaître dans les trois mondes après leur mort. A cette époque, ces moines et brahmanes qui avaient maîtrisé les quatre dhyana et les huit samadhi, avaient vérifié si l’arhat avait reparu dans les six chemins de la réincarnation dans les trois mondes. Et ils avaient constaté qu’ils ne pouvaient le trouver dans les trois mondes. Les moines des écoles non bouddhistes et les brahmanes n’ayant pas pu trouver l’arhat dans les trois mondes, cela a suffi pour confirmer la première promesse du Bouddha Sakyamuni et les a complètement convaincus de la véracité de ses paroles. Ils se sont donc mis à croire fermement que le Bouddha Sakyamuni avait la capacité de les aider à se libérer de la transmigration dans le cycle de la réincarnation dans les trois mondes. S’appuyant sur cela, le Bouddha a pu montrer aux gens que tous les êtres sensibles étaient capables de se libérer du cycle de la réincarnation en pratiquant le véhicule sravaka. Par conséquent, la réalité du monde de dharma a attesté le fait que le Bouddha Sakyamuni a atteint la bouddhéité. S’il existe beaucoup de gens qui croient que le vénérable Xiao Pingshi est illuminé et qu’il a vu la nature de bouddha, c’est parce qu’il a aidé de nombreux disciples à connaître la huitième vijnana et à voir la nature de bouddha. Ses paroles correspondent aux enseignements ultimes du Bouddha dans les sutras ; par conséquent, nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est véritablement illuminé.

Certains disent que le Grand Véhicule s’est développé à la fin de l’enseignement du Bouddha, qu’il n’y a aucune trace écrite de la manière dont ont été collectés les sutras du Grand véhicule et que les sources du Grand Véhicule sont inconnues – et donc que le contenu du Grand Véhicule est peu fiable. En ce qui concerne le développement du Grand Véhicule, nous en avons déjà discuté et nous l’avons expliqué dans l’article précédent. Selon beaucoup de personnes, le bouddhisme serait apparu au moment où différentes écoles bouddhistes ont été constituées. Mais en vérité, l’éclatement du bouddhisme en différentes écoles est comme la seconde naissance du Grand Véhicule. Ceux qui ont soulevé une telle question, n’ont en fait aucune idée de la façon dont on peut vérifier l’exactitude des sutras. Dans le Dīrgha Āgama Sutra, le Bouddha a dit que, pour vérifier l’exactitude des sutras, il fallait utiliser la méthode de réalisation.

Par exemple, le Bouddha a présenté les quatre grands enseignements dans le Dīrgha Āgama Sutra. Le Bouddha y a dit que si quelqu’un écoute l’enseignement du Bouddha en personne, puis que son enseignement est recueilli et édité dans un sutra, il ne doit pas douter de ce sutra et le calomnier. Mais le Bouddha a rajouté qu’un tel sutra doit être comparé aux autres sutra et que la cohérence de son contenu avec les autres sutras doit être vérifiée. Dans son deuxième enseignement, le Bouddha a dit que si quelqu’un écoute un sutra qui provient d’autres groupes monastiques (communautés Sangha) ou des anciens bien instruits et qui ont beaucoup entendu parler de l’enseignement de Bouddha, nous ne devons pas douter non plus de ce sutra et le calomnier. Dans son troisième enseignement, le Bouddha a dit que si quelqu’un écoute un sutra qui provient de nombreux moines bouddhistes (bhiksu) ou de nonnes bouddhistes (bhiksuni), il ne doit pas douter de ce sutra et le calomnier. Au lieu de cela, il doit comparer un tel sutra aux autres sutra afin de vérifier sa cohérence avec eux. Dans son quatrième enseignement, le Bouddha a dit que si quelqu’un écoute un sutra qui provient d’un moine bouddhiste (bhiksu), il ne doit pas douter de ce sutra ou le calomnier. Au lieu de cela, il doit comparer un tel sutra avec d’autres sutra pour vérifier sa cohérence avec eux. Ce que veut dire le Bouddha est donc que, quel que soit l’origine du sutra, qu’il provienne d’une communauté de moines, de nonnes ou d’une sangha, il nous faut vérifier qu’il est cohérent avec les autres sutras.

Comme nous pouvons le voir, l’Agama Sutra et les sutras de Mahayana des trois véhicules de Bodhi sont cohérents car on y parle des huit vijnanas. (Cf à ce sujet les exemples mentionnés dans le septième volume de The Correct Meanings of Agama Sutras). Toutefois, si le seul critère de la cohérence est appliqué pour examiner un sutra, la crédibilité de ce sutra est encore insuffisante. Dans le volume 3 du Dīrgha Āgama Sutra, le Bouddha a expliqué que nous devons examiner très scrupuleusement la crédibilité de tous les sutras et explorer en profondeur leur essence en nous basant sur les disciplines (vinaya) et les dharmas des huit vijnana. Autrement dit, tous ces sutras parlent des huit vijnanas. Si un sutra ne parle pas des huit vijnanas, il est certainement faux et ce doit être un faux sutra.

Indépendamment du fait qu’un sutra parle des huit vijnanas, nous devons également examiner si son contenu est conforme à la réalité du monde de dharma. Nous devons examiner sa crédibilité et explorer profondément son essence. Autrement dit, discuter sérieusement et étudier son contenu pour voir s’il parle de la racine ou des branches, en se basant sur la réalité du monde de dharma. C’est ce qu’on appelle la méthode de réalisation. Permettez-moi de vous présenter un exemple. Il existe un livre qui s’appelle Sarva tathagata dhisthanahrdayaguhyadhatu karanda mudra-dharani, dans lequel il est mentionné que les reliques secrètes (sarira) du Tathagata, également connues comme le corps de dharma du Tathagata, sont comme du sésame. Dans le sutra il est dit que le corps du dharma du Tathagata est comme des graines de sésame qui s’agglutinent les unes les autres sans laisser d’espace entre elles. Mais si le corps de dharma du Bouddha est fait de graines de sésame, cela signifie que ces graines de sésame sont les racines et que, donc, le corps de dharma du Bouddha n’est pas la racine. Du point de vue de la réalité du monde de dharma ou de celui qui est véritablement illuminé, le corps de dharma ne dépend pas de causes et de conditions. Si ce corps est construit comme des graines de sésame, il est formé par des causes et des conditions. Ainsi, il va disparaître avec la disparition des causes et des conditions. De cette façon, le corps de dharma lui-même est destructible et non ferme. En regardant le contenu de ce sutra, nous pouvons dire qu’il est un faux sutra. Bien qu’il parle du corps de dharma, son contenu à propos du corps de dharma est fallacieux. Après un examen approfondi nous avons prouvé que son contenu est faux. Par conséquent, il ne suffit pas d’appliquer la méthode de réalisation et de vérifier la cohérence avec les sutras : nous devons également examiner son exactitude par rapport à la réalité du monde de dharma.

Maintenant, laissez-nous vous dire pourquoi dans le Grand Véhicule il n’est nul besoin de savoir comment ont été collectés les sutras. Car la pratique du Grand Véhicule est différente de celle des du Petit Véhicule. Ceux qui pratiquent le Grand Véhicule apprennent autre chose que ceux qui pratiquent le Petit Véhicule. Par conséquent, les sutras du Petit Véhicule doivent être collectés tandis que ceux du Grand Véhicule ne doivent pas être collectés. Car l’historique de la collecte des sutras du Petit Véhicule a prouvé que les sutras du Petit Véhicule sont tous corrects et a prouvé l’existence de la huitième vijnana et des huit vijnanas dans le monde de dharma. Les sutras du Petit Véhicule prouvent l’existence des huit vijnanas, sans même parler de ceux du Grand Véhicule. Les bodhisattvas dans le Grand Véhicule sont différents des sravaka car les sravaka ne connaissent pas la huitième vijnana. Dans le volume 12 du Samyuktagama sutra, le Bouddha a expliqué que l’arhat dans le véhicule de sravaka ne renaîtra plus après avoir détruit le moi. Cela signifie qu’il détruira ses cinq agrégats et ses dix-huit fonctions et entrera en nirvana sans reste après sa mort. Il ne connaitra jamais l’état de nirvana sans reste après avoir accompli ce dharma inconditionné, c’est-à-dire une fois que, après sa mort, il sera entré en nirvana sans reste. Cela est dû au fait qu’en accomplissant ce dharma inconditionné, il n’existe plus dans les trois mondes et donc sans l’existence de moi, il ne peut valider cette vérité. Par conséquent, l’historique de la collecte des sutras est particulièrement nécessaire pour l’aider à comprendre le contenu du nirvana sans reste parce que, tant qu’il est encore en vie dans le monde humain, il ne valide que la réalité du dharma fonctionnel. Toutefois, afin d’accomplir le dharma inconditionné, il doit détruire ses cinq agrégats. Tout en accomplissant le dharma inconditionné, il ne parvient pas à prouver qu’il a accompli le dharma inconditionné. Par conséquent, on a besoin des sutras pour valider la réalité du dharma dans le Petit Véhicule. Autrement dit, ils doivent s’en tenir à ce que le Bouddha a enseigné dans les sutras du petit véhicule.

Au contraire, dans le Grand Véhicule nous n’avons pas besoin de savoir comment ont été collectés les sutras. Ce que les bodhisattvas confirment dans le Grand Véhicule, c’est la réalité du tathagatagarbha, la huitième vijnana. C’est le dharma éternel, ce qui signifie qu’il existe depuis toujours et qu’il continuera d’exister à l’avenir. Le tathagatagarbha que confirment les bodhisattvas dans le Grand Véhicule peut être observé et éprouvé à tout moment une fois que vous en avez confirmé l’existence. C’est juste comme aller au marché pour acheter des choses. Nous payons et nous obtenons les choses que nous voulons. Dans de telles circonstances, nous n’avons pas besoin de signer le contrat de commande pour prouver que la transaction a été conduite à son terme.

De même, dans l’école Chan, la façon de prouver sa réalisation est de montrer directement où se trouve la huitième vijnana à celui qui est déjà illuminé. Dans ce cas, les maîtres et les disciples ont mutuellement validé l’existence de la huitième vijnana, de sorte que, même sans un historique de la collecte des sutras, ils peuvent à tout moment prouver que les sutras du Grand Véhicule sont corrects. Comme les sutras du Petit Véhicule ont prouvé qu’il existe huit vijnanas et que l’historique de la collecte des sutras peut prouver leur exactitude, il n’y a pas besoin pour les bodhisattva du Grand Véhicule de collecter les sutra de manière répétitive. Les bodhisattvas du Grand Véhicule réalisent la huitième vijnana et sont capables d’observer et de vivre son existence, et l’historique de la collecte des sutra ne leur est donc pas nécessaire.

Dans cet article nous avons expliqué que la méthode de base dans le bouddhisme est la réalisation. Dans l’article suivant nous allons expliquer les liens entre les trois mondes et le fruit de la libération.

[1] Ce qui signifie qu’il faut à la fois avoir pris conscience des huit vijnanas et avoir, ce qui est sous-entendu, la certitude de leur existence.

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