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Le coronavirus: réflexion face à une situation difficile

Comment pouvons-nous agir, nous comporter lorsque nous faisons face à une situation difficile ? Telle est la question qui fera l’objet de cette conférence.

Lors de cette crise sanitaire sont apparues chez beaucoup toutes sortes d’émotions négatives, certaines assez superficielles, d’autres plus graves, et lorsque nous sommes habités par ces tourments intérieurs, nous ignorons bien souvent comment y réagir.

Face au coronavirus, certaines mesures de précaution nous sont indispensables, et pour connaître ces mesures, il nous faut consulter des spécialistes de la même façon que, pour pouvoir pratiquer
convenablement le bouddhisme, il nous faut interroger les maîtres. Cette seule initiative peut déjà apaiser nos émotions. De fait, la peur grandit à mesure que nous sommes dans l’ignorance et l’incertitude. Par surcroît, la connaissance nous offre également la possibilité d’aider les autres, en dissipant leurs propres doutes et leurs inquiétudes. Inversement, si nous demeurons dans les ténèbres de l’ignorance, loin d’aider les autres, nous contribuons à accroître leurs doutes et leurs angoisses. Il nous faut donc comprendre de quoi il retourne réellement, indépendamment des « fake news » et des « on dit ».

Il nous faut également éviter de parler avec empressement, ou à l’appui d’arguments menaçants, et préférer une parole douce et bienveillante, sans quoi nous ne récolterons chez les autres guère autre chose que de la colère, de la peur ou de la haine. Nous devons veiller ainsi à ne pas nous laisser contaminer par un autre virus, celui des trois poisons : l’avidité, la colère et l’ignorance. Ce virus-là est bien plus dangereux que le covid-19 car nous n’avons pas la possibilité de nous en protéger, puisqu’il est toujours présent en nous.
En tant que pratiquants bouddhistes, nous devons neutraliser ces trois poisons, et pour cela il nous faut, durant cette crise que nous traversons, faire preuve de solidarité, de bienveillance, d’une attention particulière envers notre famille. Nous devons émettre autour de nous des pensées positives, en considérant les autres comme des personnes importantes, dignes de respect, et qu’il ne faut nullement forcer à agir d’une certaine manière. Bien que parfois nous puissions avoir le sentiment que nous ne sommes pas écoutés, que les autres nous font reproche des justes conseils que nous leur prodiguons, que nous ayons la sensation d’avoir échoué, d’avoir comme perdu quelque chose, en vérité nous n’avons rien perdu : nous avons diffusé autour de nous une énergie de générosité, et cette énergie positive va se répandre autour de nous comme un parfum.

Si vous pratiquez le bouddhisme et que, en temps ordinaire, vous fassiez du bien autour de vous, ne pensez pas que, confiné, ne voyant plus personne, vous ne puissiez plus agir. Ne concevez pas les choses de cette manière : la pratique bouddhiste se fait à chaque instant et dans toutes les circonstances. Le coronavirus interdit beaucoup d’entre nous de travailler et, par conséquent, nous donne plus de temps pour nous-mêmes : soyez juste en permanence. Ainsi par exemple pouvez-vous pratiquer la salutation ou la nostalgie de bouddha, ou approfondir votre connaissance de la vérité, déterminer comment vous rendre au mieux utile à votre famille… Pourvu que les actions que vous pouvez réaliser soient bénéfiques, ne sélectionnez pas celles qui vous plaisent pour mieux rejeter les autres : agissez toujours pour le bien commun chaque fois que les circonstances vous rendent cela possible, et considérez chaque créature vivante comme faisant partie de votre famille, car toutes ces créatures, un jour ou l’autre dans l’une de vos vies antérieures, appartinrent à votre famille.

Le chemin de la pratique est un chemin sur lequel nous avançons sans cesse, et c’est avec la compassion que nous pouvons progresser sur ce chemin, ainsi qu’avec la connaissance, la parole et la concentration justes, afin que nous puissions le plus efficacement possible aider et apaiser les esprits autour de nous. Inutile donc de nous moquer ou de nous montrer satisfaits du malheur des autres. La crise du coronavirus est un merveilleux moment pour pratiquer la générosité et la compassion. Alors les gens, ressentant en eux cette bienveillance que vous leur témoignez, cette chaleur que vous avez à leur endroit, se sentiront plus proches de vous. Pour nous, donc, cette pandémie représente une parfaite opportunité de pratiquer le bouddhisme.

Nous vous remercions de votre écoute.
Amitofo.

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