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Est-ce que le Zen (Chan)  veut dire « méditation » (dhyâna)?

En réalité, le Zen (Chan) ne veut pas dire « méditation » et ne met pas l’accent sur la méditation comme nous pouvons le lire dans Wikipédia. Il existe une grande différence entre ces deux termes.

Le but de la pratique du Zen (Chan) est d’atteindre l’illumination. Et pour atteindre l’illumination nous ne passons pas forcément par la méditation.

L’illumination demande un travail de recherche sur le vrai moi et en vue d’une meilleure compréhension de la réalité du monde. Ce qu’on atteint à travers la pratique du bouddhisme Zen (Chan) n’est pas un état de la conscience mentale. Ce n’est pas non plus un attachement au moi. Le Bouddha et les Boddhisattvas donnent différents noms pour expliquer cette réalité du monde. Parfois ils l’appellent le vrai moi, parfois la huitième conscience ou le tathagatagarbha, ou encore alayavijnana, et c’est exactement ce que les maîtres illuminés arrivent à prouver. D’ailleurs, le niveau de l’illumination est inaccessible aux saints de Hinayana dont le but est uniquement d’arrêter de se réincarner.
Le Zen (Chan) ne veut pas dire « méditation » ou « dhyâna » comme il est fréquent de le trouver de nos jours. En chinois, le Zen (Chan) s’écrit avec deux caractères: 禅宗, et nous avons également besoin de deux caractères pour noter le mot « méditation » : 禅定. Il est facile de voir que le premier caractère est identique dans les deux cas, alors que le deuxième est bien différent. Il est donc important de ne pas confondre les deux termes parce qu’il s’agit de deux choses complètement différentes.

En ce qui concerne la méditation, il s’agit d’un travail sur la concentration et par conséquent, ce n’est qu’un état de la conscience mentale. En comparaison, la pratique du Zen (Chan) s’effectue au niveau de la sagesse. Depuis très longtemps, de nombreux pratiquants croient à tort qu’avoir un bon niveau de méditation signifie automatiquement avoir un bon niveau en Zen (Chan), et souvent les gens qui ont atteint un bon niveau de concentration, s’imaginent être illuminés. Mais en réalité quand ils rencontrent un vrai maître illuminé et qu’il leur montre qu’ils ne sont pas illuminés, leur arrogance les empêche souvent d’accepter la vérité et la parole de ce vrai maître. Il leur arrive alors de diffamer le vrai enseignement et le vrai maître et, par conséquent, leur prochaine réincarnation s’effectue bien malheureusement très souvent en Enfer.

Nous pouvons dire qu’il y a dix sortes de mauvaises compréhensions par rapport à la méditation, et ces dix sortes de mauvaises compréhensions correspondent, en réalité, aux différents niveaux de méditation. Tout cela est décrit par le Bouddha Sakyamuni dans les sutras, ce qui prouve clairement que la méditation est juste un outil mais pas un but en soi. Nous nous permettrons d’énumérer ici ces dix sortes de mauvaises compréhensions afin que le lecteur soit capable de les reconnaître et d’éviter les pièges:
1. La personne croit que ce qui permet de sentir et de s’observer soi-même est le vrai moi. En réalité, ce n’est pas du tout le vrai moi, c’est juste un état de la conscience mentale.
2. La personne croit que, si elle est capable de se concentrer sur un seul objet, sur le nom du Bouddha ou sur sa propre respiration, son vrai moi va apparaître. Evidemment, ce n’est encore qu’un état de la conscience mentale.
3. La personne possède un bon niveau de méditation et n’a donc plus de pensées. Elle croit alors que cet état-là est le vrai moi. En réalité, c’est une grande erreur parce qu’elle est toujours consciente qu’elle n’a pas de pensées. Mais si elle est consciente de quelque chose, ça veut dire qu’elle a encore au moins une pensée ! Elle est toujours dans un état d’introspection. Beaucoup de « pratiquants » du bouddhisme Zen (Chan) tiennent ce genre de discours, mais malheureusement ils se trompent lourdement.
4. La personne qui pratique la méditation va voir que son mental remplit tout l’espace. Alors elle croit qu’elle s’est unifiée avec l’univers et, du coup, a atteint l’illumination, mais, en réalité, c’est une erreur. Ce n’est qu’un état de la conscience mentale et ce n’est pas l’illumination.
5. En se trouvant en méditation, la personne a l’impression que le temps et l’espace fusionnent. Elle croit que son corps fusionne avec son esprit et que l’extérieur et l’intérieur fusionnent aussi, et que c’est là l’illumination. En réalité, c’est un état de samadhi de pré-dhyana. Ce n’est qu’une étape de méditation, un état de la conscience mentale, et cela n’a rien à voir avec l’état dans lequel se trouve celui qui a découvert son vrai moi.
6. Si la personne a peu de désirs et qu’en méditant elle arrive soudain à atteindre le premier dhyana, elle éprouve alors une grande joie et croit qu’elle a atteint l’illumination. En réalité, elle se trompe.
7. En méditant la personne voit que le monde s’écroule. Elle pense à ce moment-là qu’elle a trouvé le vrai moi et, donc, a atteint l’illumination. Mais elle se trompe. Parfois, on a cette sensation en atteignant le premier dhyana, mais ce n’est pas le signe qu’elle a découvert son vrai moi.
8. Parfois la personne se trouve dans le samadhi qui précède le deuxième dhyana. A ce moment-là, on a l’impression que le monde est complètement détruit et on croit à tort avoir atteint l’illumination. Mais cela veut dire tout simplement que l’on a quitté le monde du désir et qu’on est entré dans le monde de la forme, dans lequel notre corps de la forme apparait. D’ailleurs une personne qui a atteint le deuxième dhyana peut aussi avoir ces sensations, mais cela n’a rien à voir avec l’illumination.
9. En méditant la personne qui n’a plus de sensations mais peut encore observer, croit que ceci est l’état dans lequel on se trouve lorsqu’on découvre notre vrai moi. En fait, elle se trouve toujours dans le deuxième pre-dhyana.
10. La personne est au-delà du deuxième dhyana. Elle n’a pas de sensation et ne peut pas observer non plus. Par conséquent, elle croit qu’elle a atteint l’illumination. En réalité, ce n’est pas du tout ça.

Mais pourquoi nous permettons-nous d’affirmer que tous ces états, ô combien magnifiques, n’ont rien à voir avec l’illumination et ne permettent donc pas de rencontrer le vrai moi?
C’est très simple – nous nous basons sur les sutras, ce qui est la seule façon d’éviter de se tromper.

Dans le sutra du Cœur, quand on décrit le vrai moi, on dit qu’il « n’a ni commencement, ni fin, qu’il n’est ni propre, ni sale, qu’il ne peut ni augmenter ni diminuer » et tous les maîtres illuminés ont prouvé que le vrai moi correspond bien à la description donnée dans ce sutra.
Par contre, en méditation nous procédons par étapes, nous rentrons dans différents états et chaque étape, chaque état a bien un commencement et une fin. Par conséquent, c’est vraiment une grande erreur de s’imaginer qu’en atteignant un certain niveau de méditation, un certain état, on peut atteindre l’illumination.
L’illumination permet à la personne d’avoir de la sagesse et cette sagesse peut être utilisée dans la vie ; c’est une sagesse de générosité et sans ego, une sagesse pleine de compassion.
La méditation est un point commun entre le bouddhisme, le taoïsme, l’hindouisme et même le confucianisme et, de ce fait, elle n’est en aucun cas l’enseignement principal du Bouddha. La méditation et la pratique du Zen (Chan) sont vraiment deux choses différentes.
Comprenez-nous bien ? Pratiquer la méditation est quelque chose de bien, il faut simplement ne pas s’imaginer qu’en méditant on pratique le bouddhisme Zen (Chan). Atteindre un niveau très élevé de méditation en soi n’est pas du tout le but du bouddhisme !
En espérant que notre article vous permettra d’éviter une mauvaise compréhension du bouddhisme Zen (Chan),

AMITOFO!

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